lundi 14 novembre 2011

Anniversaire de la libération de Aung San Suu Ki: Quel bilan?

A l'occasion de l'anniversaire de la libération d'Aung San Suu Ki, le 14 Novembre a eu lieu à la mairie du 6ème la diffusion d'un film "Birmanie, la dictature de l'absurde" de Tristan Mendès France et Gaël Bordier ainsi q'une Rencontre autour du livre "Résistances – Pour une Birmanie libre" cosigné par Stéphane Hessel et Aung San Suu Kyi. Une excellente occasion de prendre connaissance de l'actualité politique en cours en Birmanie notamment grâce au film et à la présentation très claire des membres de l’association France Birmanie qui se sont entretenus avec Aung San Suu Kyi le mois dernier en Birmanie

L'occasion aussi de faire le point sur les dernières informations qui nous parviennent. Depuis la libération de Aung San Suu Kyi en novembre 2010, et des élections truquées, le gouvernement donne l'impression d'avoir "adouci" sa stratégie. par des réformes, la volonté de négocier avec Aung San Suu Kyi ou l'annonce de la libération de prisonniers. Il est difficile d’interpréter ces manoeuvres, mais elles peuvent être considérées comme une faillite dans le narcissisme idéologique insatiable de la junte. Par essence une dictature se nourrit d'histoires qu'elle se raconte pour légitimer son existence. Les élections de novembre par exemple, avaient vocation de "feuille de route pour une démocratie florissante et disciplinée"(!), avec peut être un espoir de se voir salué comme une ouverture vers la démocratie. 

Or ce leurre n'a convaincu personne et les critiques internationales n'ont pas cessé, y compris celles de l'ONU.  La présidence de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), qui a été evitée en 2006 par la pression internationale et fortement esperée par la junte est loin d'être à l'ordre du jour.  On peut dont considérer que c'est un échec au niveau international. Sur le plan national, la stratégie visant à marginaliser son parti et son image au sein du pays est arrivée a bout de souffle: Malgré toutes les tentatives du gouvernement en ce sens depuis 15 ans, elle reste d'une importance essentielle dans le paysage politique. Malgré une loi qui interdit aux partis d'avoir en leur sein des prisonniers politiques, le parti réussit à fonctionner malgré cette "illégalité", mettant le gouvernement au pied du mur: il ne peut l'interdire complètement sous peine d'être accusé de répression (ce qu'il cherche à éviter pour éviter la critique à l'échelle internationale). 



Mais si le parti fonctionne Aung San Suu Kyi redevient l'acteur central. Il est à noter qu'il semble exister un embryon de changement de position sur ce qui était jusqu'ici un tabou absolu (l'interdiction des partis avec des anciens prisonniers politiques) et que c'est sur ce type de réforme qu'il existe peut-être un espoir d'amélioration. 


De manière générale, la prudence reste donc de mise dans l'analyse des ces réformes et de leur portée au vu de l'opacité et de la complexité du régime, qui semble tout de même aborder une transformation vers un système de décision moins pyramidal. Face à l'inquiétude qui entoure ces négociations, Aung San Suu Kyi semble considérer son interlocuteur principal comme sincère et se dit encouragée par les réformes en cours


Un des grands enjeux sera peut-être d'intégrer les minorités dans la représentation politique et les négociations, certaines régions continuant à être en proie à de sanglants conflits dans le pays et la position du pays face à ses géants voisins, la Chine à la présence toujours plus forte et l'Inde.


L'excellent film de 30 minutes explique de manière très pédagogique les absurdités de la vie quotidienne engendrées par le régime de la junte en Birmanie, que vous pouvez visionner sur Happy World en cliquant sur le lien ou ci-dessous. 








Voici aussi deux planches des Chroniques Birmanes de Guy Deslile, dont je vous avais déjà parlé ici
















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