vendredi 25 novembre 2011

Distortions

Une revue des meilleurs "distortions" sur lesquelles je suis tombée cette semaine... Pour comprendre et si vous avez besoin d'inspiration, jetez un coup d'oeil à la Méthode Créative de Jason Théodore... Voici quelques slides ci dessous, ou en cliquant à droite ma présentation préferée the Red Riding Hood (Petit Chaperon Rouge remixé)... Vraiment étonnant!  / A little review of the best distortions I've stumbled unpon this week...
First I can only recommend the Creative Method Workshop by Jason Thedor, if you need some inspiration. Here under are a few of his slides, my favorite is the Red Riding Hood Remix (on the right). Amazing!
















  Emily Partidge et ses loups et agneaux / Through Tumblr I have discover comic artist Emily Partidge who draws pretty awesome wolves and lambs


Des beaux designs sur ce tumblr tttrouve / Next is Mr Croyer that you can follow on his tumblr tttrouve


De magnifiques photos en HDR, du Laos et de la Californie, deux endroits ou j'ai eu la chance de vivre / Then on flickr, these beautiful shots of places I have had the luck to live in, California and Laos 






Untitled [Carmel Beach Sunset]



Steps to Wat Phu





Sacred Water



Ce mashup d' AI Intelligence Interficielle par Davyd / This magical mashup  from AI by Davyd




Enfin :


I  n e e d  a

No subliminal message intended












lundi 14 novembre 2011

Anniversaire de la libération de Aung San Suu Ki: Quel bilan?

A l'occasion de l'anniversaire de la libération d'Aung San Suu Ki, le 14 Novembre a eu lieu à la mairie du 6ème la diffusion d'un film "Birmanie, la dictature de l'absurde" de Tristan Mendès France et Gaël Bordier ainsi q'une Rencontre autour du livre "Résistances – Pour une Birmanie libre" cosigné par Stéphane Hessel et Aung San Suu Kyi. Une excellente occasion de prendre connaissance de l'actualité politique en cours en Birmanie notamment grâce au film et à la présentation très claire des membres de l’association France Birmanie qui se sont entretenus avec Aung San Suu Kyi le mois dernier en Birmanie

L'occasion aussi de faire le point sur les dernières informations qui nous parviennent. Depuis la libération de Aung San Suu Kyi en novembre 2010, et des élections truquées, le gouvernement donne l'impression d'avoir "adouci" sa stratégie. par des réformes, la volonté de négocier avec Aung San Suu Kyi ou l'annonce de la libération de prisonniers. Il est difficile d’interpréter ces manoeuvres, mais elles peuvent être considérées comme une faillite dans le narcissisme idéologique insatiable de la junte. Par essence une dictature se nourrit d'histoires qu'elle se raconte pour légitimer son existence. Les élections de novembre par exemple, avaient vocation de "feuille de route pour une démocratie florissante et disciplinée"(!), avec peut être un espoir de se voir salué comme une ouverture vers la démocratie. 

Or ce leurre n'a convaincu personne et les critiques internationales n'ont pas cessé, y compris celles de l'ONU.  La présidence de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), qui a été evitée en 2006 par la pression internationale et fortement esperée par la junte est loin d'être à l'ordre du jour.  On peut dont considérer que c'est un échec au niveau international. Sur le plan national, la stratégie visant à marginaliser son parti et son image au sein du pays est arrivée a bout de souffle: Malgré toutes les tentatives du gouvernement en ce sens depuis 15 ans, elle reste d'une importance essentielle dans le paysage politique. Malgré une loi qui interdit aux partis d'avoir en leur sein des prisonniers politiques, le parti réussit à fonctionner malgré cette "illégalité", mettant le gouvernement au pied du mur: il ne peut l'interdire complètement sous peine d'être accusé de répression (ce qu'il cherche à éviter pour éviter la critique à l'échelle internationale). 



Mais si le parti fonctionne Aung San Suu Kyi redevient l'acteur central. Il est à noter qu'il semble exister un embryon de changement de position sur ce qui était jusqu'ici un tabou absolu (l'interdiction des partis avec des anciens prisonniers politiques) et que c'est sur ce type de réforme qu'il existe peut-être un espoir d'amélioration. 


De manière générale, la prudence reste donc de mise dans l'analyse des ces réformes et de leur portée au vu de l'opacité et de la complexité du régime, qui semble tout de même aborder une transformation vers un système de décision moins pyramidal. Face à l'inquiétude qui entoure ces négociations, Aung San Suu Kyi semble considérer son interlocuteur principal comme sincère et se dit encouragée par les réformes en cours


Un des grands enjeux sera peut-être d'intégrer les minorités dans la représentation politique et les négociations, certaines régions continuant à être en proie à de sanglants conflits dans le pays et la position du pays face à ses géants voisins, la Chine à la présence toujours plus forte et l'Inde.


L'excellent film de 30 minutes explique de manière très pédagogique les absurdités de la vie quotidienne engendrées par le régime de la junte en Birmanie, que vous pouvez visionner sur Happy World en cliquant sur le lien ou ci-dessous. 








Voici aussi deux planches des Chroniques Birmanes de Guy Deslile, dont je vous avais déjà parlé ici
















mardi 4 octobre 2011

Interview de Slim, le caricaturiste algérien : «Il faut que l'on défende les "Doigts de l'homme"»



Peu d’Algériens ignorent qui est Slim. Ce bédéiste caricature et commente l’actualité du pays depuis plus de quarante ans


Edit: The interview has been published and translated by Cafebabel "We have to protect human hands, not Human Rights!"

En constante évolution, il a publié dix neuf albums et publié dans de nombreux journaux y compris dans les pays voisins, comme  l’excellent Milouda.com pour la presse marocaine, qui illustre le quotidien de la femme marocaine moderne avec humour. Mais sa renommée dépasse les frontières du Maghreb et des pays francophones et il est fréquemment invité à des évènements culturels jusqu’aux Etats-Unis, ou il anime un cycle de conférence sur la bande dessinée algérienneen en 2008 à l’Université de Los Angeles (UCLA). Un de  ses titres Le Monde Merveilleux des Barbus est d’ailleurs traduit et publié en anglais (The Wonderful World of the Whiskered).


Dans l’album Walou à l’Horizon, qu’il faut traduire par Rien à l’Horizon, il plonge son héros, à la fois paysan et politicien Bouzid dans le coma pendant dix ans, pour mieux souligner les contradictions de l’Algérie en proie à l’islamisme politique. C’est d’ailleurs Wolinski qui signe la quatrième de couverture, notamment en ces termes: “Si vous voulez connaitre l’Algérie lisez Slim”. J’ai eu la chance de pouvoir poser quelques questions à cet auteur qui continue de faire rire de nombreuses générations d’Algériens tout en décryptant l’information. 

Bonjour Slim et merci d’avoir accepté cette interview. Caricaturiste est un métier risqué, comme en témoigne l’agression subie par le syrien Ali Farzat en août de cette année. Tu as toujours dénoncé les travers des différents régimes politiques et illustré les souffrances du peuple. Considères-tu l’engagement comme une attitude universelle et intemporelle ou qui dépend surtout du contexte, du combat?
Les deux - Quand j'ai eu la possibilité de raconter les aventures de mes héros (Bouzid et Zina) je savais bien quelles étaient mes limites. Faire une BD dans le journal gouvernemental en français, c'était une aubaine et une épée au-dessus de la tête. Inutile de chercher  à critiquer quoique ce soit, il fallait se cantonner à la narration d'une histoire de paysan qui venait à Alger pour régler les problèmes d'injustice sociale, pas plus. Pour en revenir à ce bon vieux Ali Farzat que j'ai eu l'honneur de connaitre en 1994 en Suisse, il vient de subir la pire des punition : l'écrasement de ses mains pour lui montrer qu'il a transgressé et qu'il ne devra plus dessiner. Cet homme gentil, tranquille, bien éduqué, talentueux plein d'idées fougueuses a été agressé par ceux-là même qui devaient le protéger, c'est dire - je lui souhaite un prompt rétablissement et qu'il ait la force de retrouver l'usage de ses doigts pour faire un "doigt d'honneur" au "fils à papa" qui dirige la république des héritiers - Il faut qu'on défende les "Doigts de l'homme" désormais.


 « Je souhaite à Ali Farzat qu’il aie la force de retrouver l’usage de ses doigts pour faire un "doigt d’honneur" au "fils à papa" qui dirige la république des héritiers. Il faut qu’on défende les « Doigts de l’homme » désormais »


L’Algérie n’a pas vraiment participé à ce Printemps des Peuples. Il semble y avoir un consensus autour du fait que l’Algérie a déjà vécu quelque chose de similaire et l’a payé cher (500 jeunes tués en octobre 1988). Partages-tu cette analyse?
Un peu. Mais quand on a vu par la suite ce qu'a donné ce petit printemps à nous, on est peu fier: un partage truqué des pouvoirs et décisions, le voeu de casser définitivement le socialisme algérien en mettant en place un parti "religieux/politique" monté de toutes pièces à qui on donne toute la latitude de pourvoir le désintégrer (un peu) histoire de dire que l'Algérie a changé : maintenant c'est le capitalisme - et tout le monde peut avoir la chance de "réussir". on a reculé de 40 ans en arrière. Bravo ! 


The Economist place l’Algérie dans le “top 10 des villes ou il ne fait pas bon vivre” cette semaine (ici), ce que tu commentes d’ailleurs dans une de tes planches en imaginant une offre de vacances en Algérie pour touristes sadomasochistes. Alors, as-tu le sentiment qu’"avant c’était mieux”*? Plus sérieusement, penses-tu que la situation du peuple est en train de se détériorer une nouvelle fois en Algérie?
Pafaitement. On commence à nous rendre compte que c'est un pays qui est en train de devenir le pays le plus cher en méditerranée. Y a qu'à voir le prix des locations et de l'immobilier en général. Les salaires ressemblent à des salaires chinois, les marchés sont gérés par la maffia agraire. On vit mal, le moindre restaurant est hors de prix, je ne sais pas où on va aller comme ça.



Quels sont pour toi les points positifs, les notes d’espoir? 
La seule chose positive c'est la jeunesse qui va un de ces 4 matins faire l'effet d'un tsunami - ce sera incontrôlable. On peut la berner une fois, deux fois, mais pas éternellement. Je rigole quand je pense aux émeutes de janvier qui ont été baptisées "émeutes de l'huile et du sucre" (mdr!!!) quand on sait que les jeunes ne connaissent ni le prix de l'huile ni celui du sucre - chapeau pour les concepteurs d'infos bidon pour l'extérieur.


Quels conseils peux-tu donner aux jeunes artistes algériens aujourd’hui? 
Je leur dirai "il faut mettre à profit cette "situation" (de malvie, de manque de perspectives, du sentiment d'être dans une cour de prison, etc.) pour générer des bonnes idées, de la création pure. Jeunes, démerdez-vous, vous êtes le futur de ce pays, si vous acceptez  l'état dans lequel il est et l'avenir qu'on vous propose, ne venez pas vous plaindre d'avoir mal lu le contrat - Défendez votre pays, faites-le à votre image, n'écoutez pas les bonimenteurs qui vous promettent la lune.

« Jeunes, démerdez-vous, vous êtes le futur de ce pays, si vous acceptez l'état dans lequel il est et l'avenir qu'on vous propose, ne venez pas vous plaindre d'avoir mal lu le contrat. Défendez votre pays, faites-le à votre image, n'écoutez pas les bonimenteurs qui vous promettent la lune »

Tu proposes tes titres sur www.lulu.com en achat ou téléchargement. A part ça, quelle est ton actualité et ou les jeunes lecteurs qui ne te connaissent pas peuvent-ils rencontrer Bouzid, Zina, le gat m’digouti**et les autres?
Ca tombe bien - cette semaine je fais revenir Bouzid et Zina dans une histoire que je raconte (dans le journal Le soir d'Algérie) et qui me donne l'occasion de mettre en scène mes personnages. Je suis tout excité en les revoyant dans les vignettes et cette fois dans des situations totalement disjonctées (merci quand même aux dirigeants de permettre un peu de liberté et d'aborder des sujets sensibles).
Il aura fallu attendre 40 ans pour "oser" dire des choses banales. Hommage aussi à ceux qui ont créé l'internet qui permet cette évasion et "liberté" de voir ce que font les autres peuples. La situation de l'édition de la BD ici en Algérie est encore embryonnaire. J'ai eu la chance de mettre en vente certains de mes livres. Malheureusement, mes lecteurs n'ont pas de possibilité encore de faire des achats en ligne Certains ont essayé de régler leurs achats avec leur carte "chiffa", mais ça ne marche pas. Dommage. J'attends avec impatience le petit espace que m'a promis Madame la Ministre pour en faire un Bouzid-Show avec vente d'albums et produits bouzidiens pour donner le sourire aux Bouzidistes "msakines***" .

« Il aura fallu attendre 40 ans pour "oser" dire des choses banales. Hommage aussi à ceux qui ont créé l'internet qui permet cette évasion et "liberté" de voir ce que font les autres peuples. »

Slim en quelques dates clés:

1945 Naissance à Sidi Ali Benyoub 
1964 Etudes de cinéma à l'INC (institut du cinéma et de la télévision)
1967 Stage à Bielsko Biala (Pologne) dans les dessin animé
1968 1er album de BD "Moustache et les Belgacem". Slim réalise alors des films d'animation pour la télévision algérienne et pour la FAO (Food and Agriculture Organization) en Egypte et en Tchécoslovaquie. Il collabore à plusieurs journaux d'Algérie et de France 
1995-1997 Slim collabore avec le journal l'Humanité
2010  Edition de 2 livres : L'Algérie comme si vous y étiez et Avant c'était mieux
Slim collabore aujourd'hui avec Le Soir d'Algérie, quotidien francophone algérien

Pour ceux qui souhaitent découvrir ou redécouvrir Slim, il y a plein de planches et d’infos sur son site en cliquant sur le chat:




Edit : En ce moment a lieu le Festival de la bande dessinée algérienne à Alger, toutes les infos sur ce lien


* « Avant C'était Mieux », titre d'un album de Slim
** Gat m’digouti : nom du chat, fidèle compagnon de Bouzid. Traduction : chat dégouté
*** Msakines : les pauvrres

lundi 3 octobre 2011

mercredi 29 juin 2011

A Gecko story

geckos toes by iPhotograph





In Laos and Thailand, geckos, little lezards are everywhere around you. On the walls, on the roof, ALWAYS. On your bed, in the bread heater, in your cereals, sometimes, not because they mean to but rather because they got lost . You get used to their friendly presence, knowing they get you rid of mosquitos and other bugs, They have this tremendous power to shit from the roof. You will often enter a room, to find a tiny stick, luscious and shiny, on your seat, your pillow, your food. In this, they totally rock Spiderman’s powers. They are not really picky in terms of target, they ll just shit wherever they want to. So basically at night, when you lay in your bed, panting at the growing heat, mouth open,  every breath you take, you get fresh air into your lungs, but you also you get a chance to receive gecko shit on your mouth. That’s just the way things are in South East Asia.

Credit photo: geckos toes, a photo by iPhotograph on Flickr.

mercredi 6 avril 2011

Princesses & Dragons

Extrait des Lettres a un jeune poete de Rainer Maria Rilke

How could we forget those ancient myths that stand at the beginning of all races, the myths about dragons that at the last moment are transformed into princesses? Perhaps all the dragons in our lives are princesses who are only waiting to see us act, just once, with beauty and courage. Perhaps everything that frightens us is, in its deepest essence, something helpless that wants our love.


lundi 21 mars 2011

Gibedées de mars

Jeu de mot pourri pour le titre, désolée. Gibedées, giboulées... Non? Bon.

Mon colocataire m'a prêté trois bandes dessinées que j'ai lu avec grand plaisir: d'abord Pyongyang, et Chroniques Birmanes, de Guy Delisle. J'ai vraiment adoré le style de cet auteur canadien qui livre son expérience d'expatrié propulsé au sein de ces deux dictatures sans jamais en faire trop. J'ai adoré les deux mais je préfère parler des Chroniques Birmanes, c'est celui qui m'a le plus touché et inspiré.

Chroniques Birmanes


J'aime beaucoup la sobriété des petites histoires qui nous livrent les impressions de cette vie quotidienne étrange dans des pays ou tout est loin d'être permis. Ce qui me plait le plus c'est le ton, qui est très juste mais pas moralisateur. 


Dans cette bédé autobiographique, le narrateur, sa compagne et leur bébé s'expatrient en Birmanie. Elle travaille pour les Médecins du Monde pendant qu'il s'occupe de son nouveau-ne et dessine (c'est son métier).  Il emmène Louis avec lui dans ses découvertes de la ville. Ce duo inattendu et leurs interactions avec ce nouvel environnement dégagé une grande douceur. On sent qu'ils ont le temps.


Guy juge les situations par rapport a son expérience directe, il n'y a pas de grand discours moralisateur ou donneur de leçons, juste des émotions humaines, révolte, douceur de vivre, ennui, tristesse, injustice face à de situations bien réelles...




Du coup, un pont de communication se créée, parce qu'en nous livrant les difficultés éprouvées aux quotidien par les Birmans dans son expérience quotidienne, même si c'est souvent suggéré et pas montré, on peut les ressentir de manière bien plus réelle que ce que nous renvoie toutes les news et journaux télévisés du monde. 






J'ai vraiment adoré et j'ai hâte de lire les autres titres. En attendant heureusement il y a son blog ou on retrouve vraiment l'esprit des bouquins. 



La troisième s'appelle Trop n'est pas assez de Ulli Lust, road trip un peu trash de deux punkettes autrichiennes vers et en Italie. Sexe, drogue, rencontres bizarres et mecs paumés sont au rendez-vous pour ces deux filles de dix-huit ans, j'ai bien aimé mais trouvé ça un peu trop long et répétitif au bout d'un moment, même si on sent que c'est parce que c'est autobiographique et qu'il y a un souci de respecter des faits qui ont probablement réellement eu lieu, dans la progression du récit.






samedi 19 mars 2011

Laos vu du ciel #1





En 2009 j'ai eu la chance de survoler le Laos en hélicoptère. 
Voici quelques photos que j'ai pu prendre a travers la vitre.